Le village de Poligny est surtout connu pour son imposante et obscure forêt, où les conifères côtoient volontiers les feuillus. Elle est parcourue d’un important réseau de chemins favorables à la cueillette des champignons : morilles, chanterelles, lactaire sanguin…
A la lisière de cette forêt, sur les contreforts du Dévoluy, une vaste clairière, c’est le site de Saint Etienne ou Saint Estève.

Ce lieu de Saint Etienne, de la forêt de Poligny est un lieu sacré, depuis le VIème siècle après Jésus-Christ. C’est en ce lieu (au bord de la route romaine dont le tracé a pu être retrouvé par des recherches) que fut construite la première et unique église du plateau de Poligny et du Noyer dédiée à Saint Etienne.
Comment cette population initiale (qui habitait alors seulement au bord de la route romaine, au flanc de la montagne à cause des bandes de pillards) s’est-elle partagée par la suite en deux communautés distinctes (le Noyer et Poligny) ? Et par quelles causes ?

 

Ce lieu de rassemblement, de recueillement, de pèlerinage est très ancien, datant probablement du Moyen-âge, selon l’abbé Loret,( curé de la paroisse de Poligny de 1961 à 1969), qui a fait sur le sujet de nombreuses recherches, la chapelle actuelle, vieille de deux ou trois siècles, aurait été élevée sur l’emplacement d’une ancienne église, en bordure de

l’antique chemin. Il paraîtrait même qu’un ancien prieuré aurait existé à proximité. Un édifice y était déjà attesté en 1685 d’après l’inventaire des Monuments historique.

Ceci est très possible, les territoires du Noyer et de Poligny ayant appartenu depuis la nuit des temps à l’évêque de Gap, et non au Dauphin, sous le nom de « Terre d’église » nom qui demeura jusqu’à la révolution de 1789.
En 1735, un ermite avait obtenu la permission de s’établir à Poligny sur le site de la dite Chapelle.Saint Étienne (ou Saint-Estève) était le premier martyr de l’époque chrétienne qui, à l’exemple du Christ, pardonna avant de mourir à ses bourreaux qui le lapidaient.
Au début du XXe siècle, de nombreux pèlerins de plusieurs communes du Champsaur s’y rendaient encore, le premier dimanche d’août pour assister à la messe, aux vêpres et à la bénédiction des enfants

encore, le premier dimanche d’août pour assister à la messe, aux vêpres et à la bénédiction des enfants. La chapelle d’un ouvrage classique mais harmonieux avec son abside en cul de four, se dresse au centre d’un large espace inculte dit « Clots des Moures » (terrains des morts). Selon la légende, un laboureur, ayant, il y a fort longtemps, tenté de retourner ce terrain, aurait été éclaboussé par du sang ; nul par la suite ne renouvela cette expérience ; le nom même de l’espace confirmerait que chapelle ait été élevée en bordure d’un cimetière ou d’une ancienne nécropole. Des ossements y ont certainement été trouvés, ce qui a donné naissance à la légende du « sang »

Cette chapelle est de style roman avec un chœur en « cul de four ». L’édifice est surmonté d’un clocher mur, que l’on nomme en Champsaur, une « panelle » et dans laquelle est logée une cloche.

Photos et texte source Mémoire du Champsaur champsaur.net

La chapelle Saint-Etienne

Robert FAURE (qui signe aussi Faure de Prégentil) a écrit 6 livres sur le Champsaur, sur cette magnifique vallée du Haut Drac située dans les Hautes Alpes. .

Robert Faure est un Champsaurin, né en 1930 à Prégentil, dans la commune de Saint Jean Saint Nicolas où il a vécu les premières années de sa vie. Ancien élève du C. F. J. (Centre de formation des journalistes de Paris) -promotion 1954- il a commencé son métier de journaliste professionnel à la rédaction parisienne de « La Dépêche du Midi », puis il a travaillé à la télévision « Télé Villages » avec François Henri de Virieu, à R. M. C. , et dans la presse agro-alimentaire comme rédacteur en chef du quotidien « Les Marchés ». Il a aussi fondé et dirigé pendant 26 ans « Dic-Agri, le dictionnaire-annuaire de l’agro-alimentaire», (aujourd’hui édité par Lavoisier), ce qui lui a valu d’être promu officier du Mérite Agricole par M. Michel Rocard.

Journaliste à Paris, membre de la presse présidentielle, avec ses bons moments: conférences de presse du général de Gaulle, déjeuner à l’Elysée avec Georges Pompidou, interview de François Mitterrand en 1981, déplacements avec les chefs d’Etats lors des Sommets européens…etc…

Robert Faure n’oublie pas ses origines, il profite de ses séjours dans les Hautes Alpes pour vivre la transformation du Champsaur, écrire sur son pays natal, et récupérer la mémoire de cette mini-région pour ne pas que les mutations rapides la plongent dans l’oubli.

 En 1930, fut érigée une belle fontaine au bassin circulaire surmontée d’un groupe d’angelots tenant un vase.

Oratoire dédié à Geneviève de Brabant

La Fontaine aux angelots

Mr Antoine TAIX, né le 31 juillet 1852 à La Fare émigra en Californie à l’âge de 19 ans. Il y fit fortune en ayant exercé successivement les métiers de boulanger, berger, éleveur de moutons, boucher. C’était un homme extrêmement dynamique et ambitieux, il devint maire de sa commune de San Juan et alla même jusqu’à y fonder banque locale.Toutefois il était demeuré fidèle et très attaché à son petit coin de Champsaur. Aussi comme nous l’avons vu dans l’article sur Notre Dame de bois-vert, il fit rénover cette chapelle et dota le lieu de nombreux monuments tels que la Statue de Saint Vincent de Paul, la fontaine de Saint Clair ou le cénotaphe dédié à sa mère et encore une fontaine en souvenir de sa soeur…Il érigea aussi le monument aux morts de la Fare en mémoire de ceux de son village qui étaient tombés durant la Grande Guerre.
Puis reconnaissant également au village de Poligny tout proche…. En 1936, il fait ériger, à une cinquantaine de mètre de la Chapelle Saint Etienne, un oratoire en l’honneur de Geneviève de Brabant - Fille du duc de Brabant, épouse de Siffroy ou Siffrid, Comte palatin d’Offtendick dans le pays de Trèves, vivait au commencement du VIIIème siècle. Cet édifice en pierres de taille de style roman est surmonté d’une statue de la Sainte tenant son fils (Drogan) tout près d’elle.(source Mémoire du Champsaur)